image_pdfimage_print

Macron in Benin: HRWF’s human rights report mentioned in LE MONDE and EU TODAY

 

Tribune de Rogatien Biaou

 

HRWF (29.07.2022) – On the eve of President Emmanuel Macron’s visit to Benin, Human Rights Without Frontiers (HRWF) filed a report with the United Nations Universal Periodic Review (UPR) for Benin, in which the organisation outlined its concerns over human rights abuses in Benin, with particular regard to the continued detention of opposition figures Reckya Madougou and Joël Aivo and the fact that they were not included in a list of 17 detainees due to be temporarily released after a 13 June 2022 meeting between President Patrice Talon and Thomas Boni Yayi, former President of Benin (2006-2016).

 

A press release with a copy of the report was sent to more than 500 French journalists and media, as well as to the members of the French Parliament and Senate. Eighty MPs signed an open letter denouncing the continued destruction of democracy by President Talon since 2016. See hereafter the article in French and in English

 

« La France n’apporte pas un vrai soutien au Bénin quand elle ferme les yeux sur la persécution des opposants »

Le Monde (https://bit.ly/3JbQxRs) – A l’occasion de la visité d’Emmanuel Macron à Cotonou, l’ancien ministre Rogatien Biaou rappelle, dans une tribune au « Monde », le « terrible recul observé depuis 2016 en matière de démocratie et de droits humains ».

Le président Emmanuel Macron arrive ce mercredi 27 juillet au Bénin pour une visite à Cotonou, où il doit rencontrer le président Patrice Talon. Il s’agit pour la France d’une occasion d’exprimer l’inquiétude de la communauté internationale face au terrible recul observé au Bénin depuis 2016 en matière de démocratie et de droits humains.

Jusqu’à peu, le Bénin était considéré comme un exemple démocratique en Afrique de l’Ouest, avec la construction d’une démocratie stable à partir de 1991, date à laquelle le président Mathieu Kérékou a cédé pacifiquement le pouvoir. Nous étions fiers de contribuer à la vague de démocratisation qui s’est produite dans la région après la guerre froide, fiers de devenir l’une des démocraties les plus stables d’Afrique subsaharienne.

Malheureusement, depuis 2016, nous assistons à la démolition de cette précieuse démocratie. Le président Talon a utilisé la justice pour attaquer ses adversaires politiques, tandis que de nouvelles règles électorales et des mesures répressives contre ses rivaux politiques lui ont permis de consolider son pouvoir en 2021. Des violences policières meurtrières ont été commises contre des manifestants.

Des accusations fallacieuses

Sous son régime, nous avons vu disparaître toute possibilité d’opposition légitime. Il a arrêté des personnes qui publiaient des messages critiques à son sujet sur Facebook, emprisonné des journalistes et fermé des journaux et des stations de radio importantes. De nombreux critiques soulignent que parmi les personnes qu’il poursuit pour « corruption », la plupart sont dans l’opposition et l’on pense que les accusations sont fallacieuses.

Ce mois-ci encore, l’organisation bruxelloise Human Rights Without Frontiers (HRWF) a déposé un rapport sur le Bénin auprès de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce document exige la libération des opposants Reckya Madougou et Joël Aïvo, respectivement condamnés à vingt et dix ans de prison. HRWF a alerté la communauté internationale sur le fait qu’ils ne figuraient pas sur une liste de 17 détenus devant être libérés temporairement après une rencontre, le 13 juin, entre Patrice Talon et l’ancien président Thomas Boni Yayi (2006-2016). Que le président Macron quitte le Bénin sans exiger la libération des prisonniers politiques Madougou et Aïvo auprès du président Talon serait honteux.

Joseph Djogbenou, ancien avocat personnel du président Talon, est devenu président de la Cour constitutionnelle du Bénin le 8 juin 2018. Ancien ministre de la justice, il est spécialisé dans la criminologie et n’est pas considéré comme rompu au droit constitutionnel et public. Sa nomination à ce poste, étant donné qu’il a été l’avocat personnel de l’actuel président, est alarmante et doit être vue comme une manœuvre de Patrice Talon pour placer l’institution sous son contrôle et faire voter des lois opposées à la volonté du Parlement et du peuple.

Ne pas détourner le regard

Il existe également de vives inquiétudes quant à son nouvel organe judiciaire, connu sous le nom de Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), prétendument créé pour lutter contre la corruption et le terrorisme, mais manifestement utilisé par abus de pouvoir pour cibler les rivaux politiques du président. La situation ne s’arrête pas là. Après que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples s’est prononcée à plusieurs reprises contre les politiques de son administration, le gouvernement Talon a empêché cette dernière d’entendre les affaires portées contre lui par des individus et des ONG.

Quand le président Macron parle au président Talon, il ne doit pas oublier qu’il s’adresse à un homme qui enracine son autocratie au Bénin. Il ne devrait pas se faire d’illusions. Il ne devrait pas non plus penser qu’il est acceptable de détourner le regard. Depuis trop longtemps, la France a tendance à se ranger au côté du président en exercice, en Afrique et au-delà, disposée à s’accrocher à l’entité connue, au statu quo, même s’il est clair qu’un dirigeant travaille activement contre le progrès démocratique et les droits humains.

Alors que la France améliore et fait évoluer ses relations avec les anciennes colonies, il est essentiel que de telles relations se construisent sur des bases d’égalité et de dialogue honnête et ouvert. Les vrais amis disent la vérité. La France n’apporte pas un véritable soutien au Bénin lorsqu’elle ferme les yeux sur la persécution de leaders de l’opposition comme Reckya Madougou et Joël Aivo.

Rogatien Biaou est président de l’Alliance patriotique nouvel espoir (opposition), a été ministre des affaires étrangères de 2003 à 2006.

Macron must not turn a blind eye to Benin’s regression on human rights, writes Rogatien Biaou

 

EU TODAY (https://bit.ly/3OF5BIt) – As President Emmanuel Macron arrives in Benin for a visit to Cotonou, he is expected to meet with President Patrice Talon. This is an opportunity for France to express the concern the international community feels over the terrible backsliding that has been seen in Benin since 2016, in terms of democracy and human rights.

Benin was, until recent years, considered a democratic beacon in West Africa, with a stable democracy being built from 1991 onwards, when Mathieu Kérékou was peacefully voted out. We were proud to contribute to the wave of democratisation that occurred in West Africa post-Cold War and to become one of the most stable democracies in sub-Saharan Africa.

Sadly, since 2016, we have witnessed the demolition of that precious democracy. President Talon has been using the justice system to attack his political opponents and new electoral rules and a crackdown on his political rivals allowed him to consolidate his power in 2021.

There has been deadly police violence against protestors and activists have been arrested. Under his regime we have seen the elimination of all possibility of legitimate opposition. He has detained people who post critically about him on Facebook, jailed journalists and closed prominent newspapers and broadcast stations. Many critics point out that of those he prosecutes for “corruption”, most are in the opposition and it is believed the charges are trumped up. 

Just this month, the Brussels-based organisation Human Rights Without Frontiers (HRWF) filed a report with the United Nations Universal Periodic Review on Benin.

Reckya Madougou

The report demanded the release of Reckya Madougou and Joël Aivo, respectively sentenced to 20 years and 10 years in prison. HRWF alerted the international community that they were not included in a list of 17 detainees due to be temporarily released after a 13 June 2022 meeting between President Patrice Talon and Thomas Boni Yayi, former President of Benin (2006-2016). 

For President Macron to leave Benin without demanding the release of political prisoners Magoudou and Aivo with President Talon would be shameful.

President Talon’s former personal lawyer, Joseph Djogbenou, became president of Benin’s Constitutional Court on 8 June 2018. A former minister of justice, Djogbenou’s specialism is in criminology and he is not considered to be well-versed in constitutional and public law.

Joël Aivo

His very appointment to that role, given he is the personal lawyer of the current president, is alarming and must be seen a manoeuvre by Patrice Talon to bring the institution under his control and to pass laws that are opposed by parliament and the popular will.

There is also grave concern over his new judicial body, known as CRIET, ostensibly created to fight corruption and terrorism, but clearly being abused to target President Talon’s political rivals. 

It does not end there. After the African Court on Human and Peoples’ Rights repeatedly ruled against his administration’s policies, Talon’s government prevented the court from hearing cases brought against him by individuals and non-governmental organisations.

When President Macron speaks with President Talon, he should remember that he is a addressing a man who is entrenching his autocracy in Benin. He should not be under any illusions. Nor should he feel it is acceptable to look the other way. For too long France has had a tendency to side with the incumbent in Africa and beyond, willing to cling to the known entity, the status quo, even when it is clear that a leader is actively working against democratic progression and human rights. 

As France improves and evolves its relationships with former colonies, it is essential that those relations be built on foundations of equality, as well as honest and open dialogue. True friends speak the truth. France is not providing genuine support to Benin when it turns a blind eye to the persecution of opposition leaders such as Reckya Madougou and Joël Aivo. 

Rogatien Biaou is a Beninese politician and diplomat. He is the President of the Alliance

Patriotique Nouvel Espoir (New Hope Patriotic Alliance), an opposition party in Benin. He is currently campaigning for the release of other members of Benin’s political opposition, who have been imprisoned by President Talon’s regime on politically motivated charges. Rogatien Biaou was the Foreign Minister of Benin from June 12, 2003 to February 16, 2006.

Further reading

European Times

https://www.europeantimes.news/2022/07/president-macron-in-benin-should-demand-the-release-of-reckya-madougou-and-joel-aivo/

 

VIDEO (ENGLISH): https://www.youtube.com/watch?v=aBr31uh9B9k

VIDEO (FRENCH): https://www.youtube.com/watch?v=A73E8HR8_hk

 

https://gridlognews.com/president-macron-in-benin-ought-to-demand-the-discharge-of-reckya-madougou-and-joel-aivo-the-european-occasions-information/

 

https://www.timesofupdate.com/president-macron-in-benin-should-demand-the-release-of-reckya-madougou-and-joel-aivo-the-european-times-news-times-of-update/

 

Google News Top Stories

https://news.google.com/search?q=macron%20benin&hl=en-US&gl=US&ceid=US%3Aen

 

EU Reporter

https://www.eureporter.co/world/benin/2022/07/20/benin-to-be-in-the-dock-at-the-un-about-the-imprisonment-of-political-opponents/

 

EU Political Report

https://www.eupoliticalreport.eu/rogatien-biaou-macron-must-demand-that-benins-talon-release-madougou-and-aivo/

 

EU TODAY

https://eutoday.net/news/politics/2022/macron-must-not-turn-a-blind-eye-to-benins-regression-on-human-rights-writes-rogatien-biaou

LE MONDE

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/07/27/la-france-n-apporte-pas-un-vrai-soutien-au-benin-quand-elle-ferme-les-yeux-sur-la-persecution-des-opposants_6136320_3212.html

 

Photo credits: I-FRII

HTML Snippets Powered By : XYZScripts.com
Menu

Notice: Trying to get property 'term_id' of non-object in /home/hrwfe90/domains/hrwf.eu/public_html/wp-content/plugins/responsive-menu/v4.0.0/inc/classes/class-rmp-menu.php on line 435