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Lettre ouverte d’une ONG au MEDEF à l’occasion  de la visite du Président Talon du Bénin à Paris

 

Demande de libération immédiate et inconditionnelle des opposants Reckya Madougou et Joël Aïvo, respectivement condamnés à vingt et dix ans de prison pour des motifs tout à fait fallacieux

 

Communiqué de presse, 26 août 2022

HRWF (26.08.2022) – A l’occasion de la toute prochaine venue du Président Talon du Bénin à Paris et de sa participation à une réunion du conseil d’entreprises France-Afrique du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France), l’organisation non-gouvernementale “Human Rights Without Frontiers” (HRWF) à Bruxelles prie instamment le MEDEF et les participants à cet événement de soulever la question de la libération de Reckya Madougou et Joël Aivo, deux anciens candidats à la présidence du Bénin illégalement évincés de cette élection en 2021 et condamnés à de lourdes peines de prison.

Ce mois-ci, HRWF a déposé un rapport sur le Bénin auprès de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce document exige la libération immédiate et inconditionnelle des opposants Reckya Madougou et Joël Aïvo, respectivement condamnés à vingt et dix ans de prison pour des motifs tout à fait fallacieux. HRWF a alors alerté la communauté internationale sur le fait qu’ils ne figuraient pas sur une liste de 17 prisonniers politiquesdevant être libérés temporairement après une rencontre, le 13 juin, entre Patrice Talon et l’ancien président Thomas Boni Yayi (2006-2016). Ils ne figuraient pas non plus parmi les 30 opposants politiques libérés lors de la visite du Président Macron au Bénin fin juillet.

L’arrestation suivie de l’emprisonnement d’opposants politiques est en soi le signe d’un refus évident du Président Talon de jouer le jeu démocratique, d’une volonté délibérée de réduire au silence toute forme d’opposition et de torpiller pour très longtemps le fonctionnement démocratique du Bénin dans le seul but de rester au pouvoir.

Le monde des affaires ne peut ignorer ce contexte et se doit moralement de ne s’impliquer dans des projets économiques au Bénin que si la démocratie et les droits de l’homme y sont respectés, sans quoi le peuple du Bénin continuera à en être doublement victime.

HRWF appelle le MEDEF et les entreprises françaises à demander la libération de Reckya Madougou et Joël Aivo et à ne s’engager dans le Programme d’actions économiques gouvernementales (PAG) que lorsque le Président Talon aura fait ce geste attendu de bonne volonté de rendre la liberté à ces deux figures.

Reckya Madougou : arrestation arbitraire, accusations fabriquées et procès truqué

En décembre 2021, un tribunal béninois a condamné Reckya Madougou à 20 ans d’emprisonnement pour financement présumé du terrorisme. Elle avait été arrêtée en mars 2021 à Porto-Novo, la capitale du Bénin, et accusée d’avoir envoyé des milliers de dollars à un officier de l’armée dans le but de tuer des autorités dont les noms n’ont jamais révélés.

Reckya Madougou dirigeait le plus grand parti d’opposition, Les Démocrates, et était candidate à la présidence. Sa candidature avait été rejetée par la commission électorale.

Ancienne étudiante de Harvard, elle a reçu le prix Woman of Courage du gouvernement américain.

En 2004, elle a lancé une campagne soutenue par la société civile – “Ne touchez pas à ma constitution” – qui s’est mobilisée contre les dirigeants cherchant à étendre leur pouvoir sous couvert de réforme constitutionnelle. Ce mouvement s’est répandu dans toute l’Afrique de l’Ouest, ce qui lui a valu une grande notoriété.

Madougou a occupé des postes gouvernementaux de 2008 à 2013. Sa première nomination a été celle de ministre de la microfinance, de la jeunesse et de l’emploi des femmes. Les programmes qu’elle a développés ont aidé plus de deux millions de bénéficiaires, principalement des femmes, des jeunes, de petits entrepreneurs et des agriculteurs. Elle est ensuite devenue ministre de la Justice. Elle a ensuite travaillé comme conseillère spéciale auprès du gouvernement du Togo voisin avant de revenir au Bénin.

Joël Aivo

En décembre 2021, la controversée Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné Joël Aivo à 10 ans de prison pour complot contre l’État et blanchiment d’argent.

Aivo est un professeur de droit qui a tenté de se porter candidat contre le Président Talon lors des élections de 2021.

Il a été détenu pendant huit mois avant le prononcé de sa sentence et a plaidé non coupable aux accusations de complot contre l’État et de blanchiment d’argent.

“Il n’appartient pas à la justice pénale d’arbitrer les divergences politiques”, a déclaré Aivo au juge avant sa condamnation. “J’ai décidé de me vouer à ce pays. Vous êtes aussi des enfants de ce pays. Faites ce que vous voulez de moi.”

C’était “un simulacre de procès, pour l’écarter de la politique”, a déclaré à l’Agence France Presse Sosthène Armel Gbetchehou, un ancien élève de l’opposant condamné.

Pour tout renseignement complémentaire, contacter Willy Fautré (HRWF) w.fautre@hrwf.org

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