CHINA: A French-Chinese same-sex couple torn apart by Xi Jinping cries for help

Wu Xianle is in jail in China while François Dupouy is free in France. Both of them have called on the French authorities for help. None of them is being listened to.

HRWF (20.04.2026) – On 15 April, MEP Miriam Lexmann hosted a conference focusing mainly on the situation of EU citizens detained in China who are left without diplomatic assistance both by their country and by the EU. This gap needs to be filled, several former prisoners from France, Romania, UK…  ‘shouted’ loudly. The same-sex partner of one of the victims, who is currently serving an 11-year prison sentence, testified at the European Parliament in Brussels. Here is his testimony.

Testimony and cry for help

“I am a European citizen, French by birth. On 26 April 2014, I married Mr WU Xianle, a Chinese citizen, at the town hall of the 11th arrondissement of Paris. Our marriage is of course not recognised in China, as Chinese law does not accept same-sex marriage.

Since our marriage, we have lived mainly in China, in Beijing, where my spouse worked in the United Front Work Department. He had been a close associate of President Hu Jintao, but since Xi Jinping came to power, he had been sidelined. This was not surprising in itself, as presidents generally arrive with their own teams. Normally, all people have to do is to wait for a change of president. However, as Xi changed the rules and did not step down after ten years, becoming president for life, the possibility of change disappeared.

I returned to France on 20 July 2020 because my visa had expired. The borders were closed due to the COVID and I was unable to return to Beijing.

On 26 January 2021, as he was leaving his home to go to work, he was arrested, either on the way or in the United Front Work office building. His daughter, who was living with us in our flat, was notified by the director of the United Front and had to hand over the keys to the flat for 48 hours to two state security inspectors (国安). When she returned, the flat had been thoroughly searched and the books, documents, computers and memory sticks had disappeared. Everything was returned to her after a few months, except for a few memory sticks that may have been misplaced.

For a year, we had no news of my partner; we did not know whether he was alive or dead. In February 2022, my stepdaughter was informed that her father was going to stand trial; a court-appointed lawyer had been chosen and the trial was to be held in camera. Apparently, my husband did not attend the trial, supposedly because of the risks of COVID. He had ‘confessed’ to his crimes. When his daughter asked why he had been sentenced so harshly, she was told it was a state secret. When she met her father for the first time he told her it was totally political. It might be linked to the fact he was close to former President Hu Jintao. She was not given any written document, all this remained oral.

A few months later, the verdict was handed down: 11 years in prison. For the first few months, he was in a prison in Beijing, then he was transferred to a Beijing prison located in the municipality of Tianjin. There, he shares a cell with eleven other prisoners, all common criminals, many younger than him. He has to work long hours.

Since his trial, he has been granted visiting rights for half an hour per month with his daughter and siblings. He also has the right to receive and send letters to his daughter and siblings. However, he is not allowed to communicate with me, as in the eyes of the Chinese, I am not part of his family. He is also not allowed to receive any parcels.

In September 2022, he broke two fingers, allegedly by falling out of bed, and suffered a detached retina. Although I had not taken any action that could have been harmful, given the circumstances, I decided to take action.

Thanks to Peter Humphrey, a journalist who had himself been in prison with his wife years ago, I contacted media people from Le Monde, Radio France International in France and The Globe and Mail in Canada, as well as a Christian group, ACAT. Shortly afterwards, my husband’s situation improved. He had laser surgery on his eye, his food was improved, he was allowed to exercise outside in the prison yard, and, although he had not asked for it, he is now allowed to call his daughter once a month for ten minutes.

He has just completed five years of incarceration and theoretically has six years left to serve.

I asked the French authorities if he could obtain French nationality. The chief of staff of the Minister of Foreign Affairs wrote to me saying that he was not eligible because we do not meet the requirements of Article 21-2 of the French Civil Code on marriage (common residence, marriage for more than five years, a certain knowledge of French: we have been married for eleven years, when he was arrested he was taking French lessons at the Alliance Française in Beijing but of course we don’t live together, for obvious reasons). Sic.”

François Dupouy can be reached by email at francoisdupouy@protonmail.com

 

Version en français : Un couple franco-chinois de même sexe, séparé par Xi Jinping, lance un appel à l’aide

Wu Xianle est emprisonné en Chine tandis que François Dupouy est libre en France. Tous deux ont sollicité l’aide des autorités françaises. En vain.

HRWF (20.04.2026) – Le 15 avril, la députée européenne Miriam Lexmann a organisé une conférence consacrée principalement à la situation des citoyens européens détenus en Chine, privés d’assistance diplomatique tant de leur pays que de l’UE. Plusieurs anciens détenus français, roumains, britanniques, etc., ont dénoncé avec véhémence cette lacune. Le compagnon de l’une des victimes, actuellement incarcéré pour purger une peine de 11 ans, a témoigné devant le Parlement européen à Bruxelles. Voici son témoignage.

Témoignage et appel à l’aide

« Je suis un citoyen européen, français de naissance. Je me suis marié le 26 avril 2014 avec M. WU Xianle, citoyen chinois à la mairie du XIème arrondissement de Paris. Notre mariage n’est bien sûr pas reconnu en Chine vu que la loi chinoise n’accepte pas le mariage entre personnes du même sexe.

Depuis notre mariage, nous avons vécu principalement en Chine, à Pékin, où mon conjoint travaillait au département du Front Uni du Travail. Il avait été un proche collaborateur du président Hu Jintao mais depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping était dans ce qu’on peut appeler un placard. Rien de bien surprenant en soi, vu que les présidents arrivent généralement avec leurs équipes. Normalement il suffit d’attendre le changement de président. Comme Xi a changé les règles et ne s’est pas retiré du pouvoir après dix ans et est devenu président à vie, les possibilités de changement disparaissent.

Je suis rentré en France le 20 juillet 2020 mon visa ayant expiré. Les frontières se sont refermées à cause du Covid et n’ai pas pu revenir à Pékin.

Le 26 janvier 2021 alors qu’il a quitté son domicile pour aller travailler, il a été arrêté, soit en route, soit dans l’immeuble de bureaux du Front Uni du Travail. Sa fille, qui vivait avec nous dans notre appartement a été prévenue par le directeur du Front Uni et elle a du remettre les clés de l’appartement pour 48 heures à deux inspecteurs de la sécurité d’Etat ( 国安). Quand elle est revenue, l’appartement avait été soigneusement fouillé et les livres, documents, ordinateurs, clés USB avaient disparu. On lui a tout rendu au bout de quelques mois, sauf quelques clés USB qui ont peut-être été égarées. Pendant un an, nous n’avons eu aucune nouvelle de mon conjoint, on ne savait pas s’il était vivant ou décédé.

En février 2022, ma belle fille a été prévenue que son père allait passer en procès, un avocat commis d’office avait été nommé et le procès devait se tenir à huis clos. Apparement mon conjoint n’a pas assisté au procès, soit disant à cause des risques de Covid. Il aurait « avoué » ses méfaits. Quelques mois plus tard, le verdict est tombé, onze ans de prison. Quand sa fille a demandé la raison de cette condamnation on lui a juste répondu que c’était un secret d’Etat. Impossible d’en savoir plus. Quand elle a revu son père, il lui a dit que c’était « politique ». Sa proximité du Président Hu Jingtao est peut être l’explication. Elle n’a eu aucun document écrit, tout a été dit oralement.

Les premiers mois il était dans une prison à Pékin puis a été transféré dans une prison de Pékin sise sur la municipalité de Tianjin. Là, il partage une cellule avec onze autres prisonniers, tous de droit commun, beaucoup plus jeunes que lui. Il doit travailler de longues heures cinq jours par semaine sur une chaine de fabrication d’habits. Le sixième jour il doit suivre des cours de rééducation et il est à peu près libre le septième jour, où il doit laver son linge, ranger ses affaires etc.

Depuis qu’il a été jugé, il a un droit de visite d’une demi-heure par mois pour sa fille ou ses frères et soeurs. Il a également le droit de recevoir des lettres et d’en envoyer à sa fille et à ses frères et soeurs. En revanche, il n’a pas le droit de communiquer avec moi vu qu’aux yeux des Chinois, je ne suis pas de sa famille. Il n’a également pas le droit de recevoir le moindre colis.

En septembre 2022, il a eu deux doigts cassés, soit-disant en tombant de son lit, ainsi qu’un décollement de rétine. Alors que je n’avais entrepris aucune action pouvant nuire au vu de cet été de fait j’ai décidé d’agir. Grâce à Peter Humphrey, j’ai pris contact avec des journalistes du « Monde », de » Radio France International » en France et « Globe and Mail « au Canada ainsi qu’avec un groupement chrétien, ACAT. Peu de temps après, la situation de mon conjoint s’est améliorée, on a opéré son oeil, amélioré sa nourriture, il a eu le droit d’aller s’exercer en extérieur dans la cour de la prison et alors qu’il n’avait rien demandé, il peut maintenant appeler sa fille une fois par mois pour dix minutes.

Il vient de terminer cinq ans d’incarcération et il lui reste théoriquement six ans.

J’ai demandé aux autorités françaises s’il pouvait obtenir la nationalité française. Le chef de cabinet du ministre des affaires étrangères m’a écrit qu’il ne pouvait y avoir droit vu que nous ne remplissons pas les clauses de l’article 21-2 du code Civil français sur le mariage : résidence commune, mariage depuis plus de cinq ans, certaine connaissance du Français. Nous sommes mariés depuis onze ans, quand il a été arrêté il suivait les cours de français à l’Alliance Française de Pékin et bien sûr, nous ne vivons pas ensemble pour des raisons évidentes). »

On peut joindre François Dupouy à l’adresse email suivante francoisdupouy@protonmail.com

Main picture: François Dupouy and his Chinese spouse Wu Xianle